Rongeurs aquatiques exotiques envahissants dans l’Ouest de la France : où en sommes-nous aujourd’hui après des décennies de lutte ?




Deux rongeurs aquatiques exotiques envahissants, le ragondin (Myocastor coypus) et le rat musqué (Ondatra zibethicus), ont colonisé une part importante des zones humides en France. La région des Pays de la Loire, d’une superficie d’environ 32 000 km² dans l’ouest de la France, compte 6,3 % de son territoire en zones humides (hors lit de la Loire).

Les populations de ragondins et de rats musqués y sont bien établies, et un programme permanent de lutte a été mis en place afin de réduire leurs impacts. Ce plan de contrôle repose sur un petit nombre de piégeurs professionnels et un grand nombre de bénévoles, ce qui le rend unique par rapport à d’autres programmes fondés uniquement sur des professionnels. L’objectif de cette étude est d’analyser la dynamique temporelle et spatiale des captures de ragondins et de rats musqués au cours des dix dernières années afin d’évaluer leur efficacité.

Le nombre de rongeurs éliminés par an a augmenté de 50 % en dix ans, atteignant environ 288 000 individus en 2016, dont près de 80 % étaient des ragondins. Sur la même période, le nombre de piégeurs impliqués dans le programme a également augmenté de 50 %, pour atteindre 3 000 personnes en 2016.

Bien que la hausse du nombre de ragondins et de rats musqués capturés puisse s’expliquer en partie par l’augmentation du nombre de piégeurs, le nombre de ragondins éliminés par piégeur et par an a augmenté de 22 %. Malgré le nombre impressionnant d’individus éliminés chaque année, nos résultats suggèrent que le programme ne limite pas la dynamique des populations de ragondins. Enfin, depuis 2017, le nombre de données collectées auprès des communes a diminué, tout comme le nombre total d’individus capturés.

En effet, bien que les primes soient essentielles pour recruter de nouveaux bénévoles, les subventions des autorités locales et régionales sont en baisse. Les décideurs et les financeurs devraient être encouragés à soutenir ce programme, compte tenu des coûts directs et indirects liés à la présence de rongeurs aquatiques exotiques envahissants dans les zones humides.