Est-ce qu’on capture plus de RAE dans les zones à risque ?




Nous avons réalisé une étude sur la partie 49 de l’EPTB Sèvre Nantaise afin de déterminer si les actions de lutte (principalement le piégeage) menées entre 2021 et 2023 contre le ragondin et le rat musqué, et coordonnées par la FDGDON 49, étaient en cohérence avec les zones d’action prioritaires définies en décembre 2020 dans la stratégie territoriale élaborée par l’EPTB Sèvre Nantaise. Cette étude croise alors deux bases de données : celle de l’EPTB SN, qui a cartographié sur son territoire les zones présentant un risque pour les infrastructures, l’environnement et la santé, et celle de la FDGDON 49, qui mentionne le nombre de piégeurs et de captures par commune sur ce même territoire.

Nos résultats, en cours de valorisation, tendent à montrer que le risque estimé pour une commune d’être impactée par les RAE ne se traduit pas forcément par une plus forte densité de piégeurs impliqués dans les actions de lutte, ni par un nombre plus élevé de captures. Au contraire, une augmentation du risque estimé dans une commune est associée à une diminution du nombre de RAE capturés par piégeur et par an. Enfin, bien que les piégeurs installent leurs dispositifs dans des communes présentant une forte proportion de zones urbanisées, les facteurs paysagers connus pour être de bons prédicteurs de la densité de RAE — tels que la densité des cours d’eau ou la superficie des prairies riveraines — n’expliquent pas le décalage observé entre la répartition des efforts de lutte et la zonation des zones prioritaires.

Pour renforcer l’approche stratégique de gestion des RAE, nos résultats soulignent la nécessité (i) de mettre en place un suivi des populations de RAE sur le territoire afin d’intégrer la densité d’individus dans l’estimation du risque, et (ii) d’établir un cadre de collaboration plus étroit entre les acteurs concernés, incluant les autorités locales et régionales, les opérateurs de terrain et les scientifiques.